Tamara Kaboutchek

Full Moon Doll, premier album de Tamara Kaboutchek bientôt disponible

Illustration de Tamara Kaboutchek ©
Critique de Full Moon Doll, premier album de Tamara Kaboutchek bientôt disponible de Tamara Kaboutchek

Elle porte le nom d\'une sainte géorgienne. Par sa mère, elle est à moitié chilienne. Tamara Kaboutcheck a grandi dans le Marais, à Paris. Mais dévoile, à 26 ans, une impressionnante collection de tampons sur le passeport: les plus chanceux l\'ont croisée sur les routes de France, alors qu\'elle se produisait en première partie de Raphael. D\'autres l\'ont aperçue en Grèce, où elle a passé deux ans, chanteuse dans un groupe alors intitulé LMC-9miles, oscillant entre blues, rock et funk. Quand on la rencontre à quelques semaines de la sortie de son premier album Full Moon Doll, la jeune femme revient d’un périple sur l\'océan indien. Tamara est ainsi: curieuse, voyageuse.

Pour cette façon d\'être belle sans en avoir conscience, on pensera parfois à l\'Anglaise Jane Birkin ou à la Canadienne Feist - peu importe la nationalité, toutes les trois appartiennent à la même famille universelle, celles des chanteuses au charme naturel, à la spontanéité radieuse.

Et pourtant, aussi féminine fût elle aujourd\'hui, c\'est d\'abord vers des musiques de garçons que la jeune fille s’est tournée: biberonnée au rock, celui qu\'écoutait son père architecte dans la maison familiale, Tamara développe très tôt un goût pour le songwriting écorché, les guitares virulentes. \”Il y avait toujours de la musique chez moi. Lorsque mes parents organisaient des soirées, je laissais délibérément la porte de ma chambre ouverte, pour entendre les chansons.\” Ses idoles portent des prénoms en J: Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix. Autant d\'auteurs talentueux qui composent la bande originale de sa jeunesse, et la poussent, sans qu\'elle l\'ait prémédité, vers la musique. \”Pourtant, j\'ai commencé comme comédienne. J\'ai suivi le cours Florent. Mais à un moment, j\'ai réalisé que ça ne me satisfaisait pas pleinement. J\'ai compris que mon environnement, c\'était non seulement la scène, mais aussi la musique. Je n\'avais pas vraiment d\'expérience en la matière, mais mes amis me demandaient souvent de chanter, c’était naturel.\”

Le tourbillon de la vie la délocalise alors à des milliers de kilomètres de Paris, sur l’île grecque de Céphalonie au milieu de la mer Ionienne. Quelques semestres passés dans tout ce que la région peut compter de petites salles rock suffisent à poser les bases de cette nouvelle carrière musicale. A son retour à Paris, la demoiselle a déjà ses morceaux. Plusieurs heureuses rencontres se chargent ensuite de la mettre sur la bonne voie: Pierre Emery de Ultra Orange d’abord, connu pour avoir collaboré avec une autre chanteuse de charme, Emmanuelle Seigner, et qui devient rapidement son fidèle acolyte musical, réalisant ses premières démos. Raphaël, ensuite : la jeune fille se voit conviée à jouer en première partie du musicien, et obtient son premier contrat d\'enregistrement avec EMI.

Spontanée et pétillante dans la vie, Tamara est sérieuse et lucide dans le travail : elle saura résister à l’impatience pour mieux prendre son temps, celui d\'apprendre la guitare, de soigner son écriture, et, enfin, de s’entourer des bonnes personnes. Pour réaliser son album, elle qui connaît Devendra Banhart traverse l’Atlantique et fait appel au talent d’un de ses fidèles acolytes, Noah Georgeson. Le Californien est un habitué des collaborations avec les jeunes Françaises (il a réalisé le premier album de Constance Verluca). Dans l’arche de Noah, elle embarque ses complices français, le guitariste Martin Bleck et le violoniste Raphaël Biancarelli.\”J\'ai adoré m’installer à Los Angeles Vivre dans une ville sans fin, avec la nature très présente.\”

Fruit de ces collaborations, Tamara publie cet automne son premier album Full Moon Doll. Inspirée de ses expériences personnelles, et notamment d’une relation amoureuse passée, le disque évoque ses proches (son père sur My Own Galaxy, sa meilleure amie sur Save Your Skin), ses colères (Follow The Crow, sur le changement climatique) ou sa vie de nomade de ces dernières années. Voilé d’une robe souvent acoustique, naturelle et boisée, l’album affiche un charme divinement suranné, oscillant entre folk-rock et orchestrations vintage. Avec sa ribambelle de titres sapés pour le succès (l’imparable I Won’t Tell You, la groovy Save Your Skin), ses ballades sobres (Heaven Inside, Follow The Crow), ses folk-songs rebondies (Tiny Funny Phobias) et sa conclusion en forme d’hommage maternel (Suave Mama, en espagnol, comme un clin d’œil à sa famille au Chili), Full Moon Doll dévoile une sensualité, un naturel rares dans le paysage français. Et confirme d’ailleurs la filiation de la demoiselle avec une brochette de jolies marraines anglo-saxonnes, Cat Power, Kate Bush, Brisa Roché...

En cherchant un peu, on apprendra que Sainte Tamara, après son couronnement en 1184, apporta au Royaume géorgien trente années de paix et de prospérité. Beau programme pour mademoiselle Tamara Taboutchek.

Communiqué de presse publié le